Cher ami,
Je suis assise sur la chaise, jaune, de ma salle de philosophie. Amitié, voilà la question posée. Qu'est ce que ce truc? La cloche retentit, je fuis, loin du bruit, de la foule, loin de moi même. Je ne rentrerais pas en bus ce soir. Je marche. Où? Pourquoi? Pour qui ? Je ne sais pas. Je vais trop vite, on me dévisage et je me demande .. J'aimerais changer de point de vue. Je m'assois, bordure de l'eau, il pleut. Pensive. Je manque de volonté. Etre mouillée? Et alors ? Je me demande..L'amitié. Avec le temps j'ai appris qu'une amitié qui se finit n'avait pas commencé. Faut croire que la notre n'avais été que ébauchée. Un frère, un ami, un clone. J'ai perdu les trois. Tu disais que sans moi, ta vie serait un échec. Crédule. Tu était le premier, à qui j'ai fait confiance. Non, tu ne m'as pas trahis. Tu es juste partis, sans message, ni adresse. Loin de tout, de moi. A l'époque ou "Liberta" était méconnu, aujourd'hui elle passe en boucle et je repense. A ses moments passés, à rire, pour un rien. Allongé des heures à ne rien dire, juste sentir ta présence. L'herbe était humide, nos cheveux s'entremêlaient. La fraîcheur me glaçait les os. Mais qu'importe. Tu faisais des ronds en O avec ta fumée. Avant de partir tu me disais, "ah Julie, tu es belle" et je souriais toujours trois jours après. Innocence. On parlait de voyage, d'aventure, de bateau sur lequel on partirait, seul. Rêve d'enfant, idéalisme. La réalité nous échappait, je sens encore ce parfum, Jean Paul Gaultier, Fuel For Life. Non, je n'ai rien oubliée. On a grandit ensemble, c'est fou comme on se ressemble, quand tu tombes c'est mes larmes qui ruissellent. Quand j'ai froid, toi, tu trembles. Enfin, je me demande.. Assurément, notre sang n'est pas le même, à mes yeux tu étais plus q'un frère. Plus que le confident. Plus que le petit copain. Malheureusement toute chose, on une fin. Déjà un an, le 21/04/08 que tu n'es plus. Que je ne suis plus. Ce fameux jour où tu m'as dis que tu m'aimais, crois moi, le mot pour mot je le connais. Un an sans toi, sans moi. Une mort sur la conscience. La mienne. Le pluie sur mes joues dissimule mes larmes. Un sourire. Le joie. Maintenant je sais. Je sais comment, je sais pourquoi. Faire mon deuil, et ne pas oublier.
A toi.